Fiefs et Boyaval

La modernité rurale :

Eglise Saint-André de Boyaval :
 
Auparavant se trouvait à Boyaval une église du XIXème siècle, bâtie par l’architecte hesdinois Clovis Normand. Elle est détruite au cours des bombardements qui ont lieu de mai à juillet en 1944 et rebâtie entre 1956 et 1958 grâce au versement des dommages de guerre. L’actuelle église Saint-André de Boyaval, édifiée par Francis Lemaire, est très proche par son architecture et son ornementation de l’église Saint-Germain de Fiefs. Son plan trapézoïdal, son clocher en béton armé en font un édifice représentatif de la modernité architecturale et liturgique de la Deuxième Reconstruction, celle de l’après-Seconde Guerre Mondiale. Peu avant le Concile de Vatican II (1962-1965), des modifications liturgiques se mettent peu à peu en œuvre dans le Pas-de-Calais. Il s’agit de rapprocher l’assemblée chrétienne du chœur, lieu de proclamation de la Parole. Ce qui explique le plan trapézoïdal peu commun de l’église Saint-André. Les vitraux en dalle de verre sont réalisés par le célèbre maître-verrier chartrain Gabriel Loire. Quant à l’immense Christ accueillant du chœur, il est l’œuvre du sculpteur Jean-Lambert Rucky, régulièrement associé à Gabriel Loire dans les reconstructions d’églises.
Eglise Saint-Germain de Fiefs :
 
Plus grande que l’église Saint-André de Boyaval, cette église lui ressemble beaucoup. Elle est bâtie par un duo d’architectes de Saint-Pol-sur-Ternoise, Jean Bureau et Henri Frey entre 1956 et 1957. Comme l’église de Boyaval, elle est construite de béton armé avec des ajouts de pierre de Baincthun, provenant du Boulonnais. Son clocher, haut de trente mètres, rappelle par sa taille celui de l’ancienne église qui avait servi au XVIIIè siècle de repère pour définir le tracé du méridien de Paris.
L’ornementation est réalisée même duo d’artistes que Saint-André de Boyaval, à savoir Gabriel Loire et Lambert Rucky. Ceux-ci s’attachent notamment à enrichir les fonts baptismaux de l’église d’une symbolique riche. La sculpture de Saint-Jean-Baptiste accueille les catéchumènes ou futurs baptisés pour leur entrée dans la communauté chrétienne. L’eau du baptême est rappelée par les tons de bleu et blanc que le maître-verrier manipule habillement dans ses dalles de verre. Pour en accentuer la lumière, il porte des coups de burin sur le verre pour y apporter des éclats. Ceux-ci donnent des variations de lumière qui ajoutent à l’atmosphère de l’église, la diffusent « de telle façon qu’elle paraît venir plus de l’intérieur du verre que de derrière. » Quant à Jean-Lambert Rucky, ami de Loire depuis le chantier de l’église de Hyères, il représente les saints avec « joie et pureté ».