Hermies

Hermies : Eglise Notre-Dame :

On doit la forte inspiration romano-byzantine de l'église d'Hermies à Paul Decaux, architecte en chef du Pas-de-Calais à partir de 1910, qui collabore avec Etienne Crevel à sa reconstruction. Il participe notamment à rebâtir la cathédrale d'Arras, l'église de Noreuil ou encore celles de Vaulx-Vraucourt. A Hermies, il érige un immense édifice de béton armé, d'une grande clarté, tant extérieure qu'intérieure, accentuée par les 28 vitraux blancs de l'imposante coupole. L'église peut être aperçue à des kilomètres à la ronde au coeur de la campagne artésienne. Elle repose sur un plan en croix grecque. L'ensemble tranche fondamentalement avec l'église antérieure et prend le parti de s'en démarquer pour créer une nouvelle identité, qui rappelle fortement la basilique Sainte-Sophie de Constantinople.
 
Beaumetz-les-Cambrai : Eglise Saint-Géry:
 
L'église Saint-Géry est rebâtie de 1923 à 1927 par l'architecte Jules Ambruster. Cet édifice reste très traditionnel dans sa reconstruction, qui associe pierre blanche et brique rouge, des matériaux très prisés en Artois. le classicisme de l'église vient notamment de son inspiration néo-gothique, dont les traces sont de grandes baies permettant le passage de la lumière, les voûtes d'ogive de la nef ou encore la flèche élancée. Les vitraux sont en revanche intéressants, notamment le vitrail du souvenir, marque indélébile de la souffrance des populations sur le front. Deux maîtres-verriers ornent l'église, Jean-Claude Champigneulle et Jean Gaudin. Ceux-ci proposent deux styles d'oeuvres, d'un côte "la  tradition et le coloris à l'éclat vif" et de l'autre "un graphisme plus libre où la palette est savamment réglée". (OT SISA)
 
Vélu : Eglise Saint-Amand :
 
Bâtie entre 1924 et 1927 par l'architecte Charles Wallon, l'église Saint-Amand de Vélu est constituée d'un appareillage extérieur assez classique pour l'époque puisqu'il est fait de briques. La tour porche est flanquée d'une tourelle d'inspiration médiévale qui achève de donner à l'édifice une allure familière au village. L'intérieur de l'église est beaucoup moins traditionnel. L'harmonie est donnée par la nef en voûte à berceau, entièrement constituée de briques et qui évoque le travail de l'architecte Louis-Marie Cordonnier, chef de file de la Grande Reconstruction. Les baies coiffées en mître apportent une touche contemporaine qui rappelle le travail de Dom Bellot,architecte et moine de Wisques, qui bâtissait au début des années 1900 l'abbatiale de Quarr Abbey, l'abbaye d'Oosterhout ou le cloître et le réfectoire de Wisques bénis en 1931. Le chemin de croix, fresque à même les parois de l'église, est l'oeuvre de l'artiste parisienne Yvonne Rousseau.
 
Rocquigny : Eglise Notre-Dame :
 
De toutes les églises de la Grande Reconstruction, Notre-Dame de Rocquigny est sans conteste une des plus originales. Elle est d'ailleurs inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1996 et classée Monument Historique le 7 septembre 2001. Elle est érigée entre 1929 et 1930 par Jean-Louis Sourdeaux, natif de Ligny près de Cambrai et qui est à l'époque architecte en chef du Ministère de la Reconstruction. Le plan centré de l'église, son entrée à l'angle ou encore son clocher de béton, évidé et qui rappelle les jeux de sculptures gothiques en font une église tout à fait singulière. Ce plan centré et carré évoque également les origines des premières églises, notamment les églises syriennes, élaborées sur le même type de plan. Les deux rosaces en dalle de verre de 6 mètres de diamètre sont les oeuvres de Jean Gaudin. Lui-même est à l'origine de cette technique contemporaine très utilisée dans les églises des reconstructions d'après-guerres. Des travaux de restauration récents ont imposé de déposer le clocher pendant plusieurs années. Il est réinstallé en 2012.