Isbergues

 

EgliseSaint-Nicolas de Guarbecque :
 
A Guarbecque se trouve la plus vieille flèche de pierre du Pas-de-Calais. L’église Saint-Nicolas, très marquée par le roman, est érigée selon toute vraisemblance entre 1100 et 1180, puis agrandie est restaurée au fil du temps. Son clocher remarquable, haut de 30 m., traverse les âges et les difficultés sans sourciller. Considéré par Héliot comme  le plus beau de ceux qu'on ait construits au nord de la Somme au XIIème siècle et qui nous soient parvenus, le clocher a néanmoins souffert de l’artillerie allemande en 1918 et de la foudre, qui l’a frappé dans la nuit du 27 au 28 juillet 1933. Les quatre clochetons et les baies doubles appellent à regarder vers le ciel. Au cœur de l’édifice, de remarquables restes du bestiaire médiéval ornent le chœur ou la croisée de transept, préservés du temps. Adam et Eve y côtoient le serpent et les chimères médiévales invitent chacun à se questionner. Sur les parois du mur diaphragme, qui porte l’arc triomphal, se trouvent des traces de polychromie, probablement du XVIème siècle. A gauche, on distingue encore un Jugement Dernier, à droite, une représentation de l’Enfer. Camille Enlart, brillant historien, s’était offusqué en 1895 que l’édifice ne soit pas encore classé aux Monuments Historiques. C’est chose faite pour la totalité de l’église, reconstruite en partie au XVIIIe siècle, le 15 mars 1909. 
 
Eglise Sainte-Isbergues d'Isbergues :
 

A la différence de Guarbecque, très typée XIIè siècle, l’église d’Isbergues est typée  gothique flamboyant. Les reliques de sainte Isbergue sont conservées dans cet édifice dont la structure date du XVè-XVIe siècle, époque à laquelle apparaît la première histoire écrite de la sainte. On y trouve également deux tableaux illustrant sa vie. Isbergues se situe à la limite de l’Artois et de la Flandre, ce qui fait que l’église qui possédait trois nefs, pouvait être considérée comme une hallekerque flamande (ou église-halle).  Aujourd’hui, les parties hautes ne permettent plus de distinguer cette particularité. L’église est fréquemment restaurée, notamment après l’incendie de 1642. Mais à cause de la guerre de trente ans, les travaux ne s’achèvent qu’au XVIIIème siècle. La tour, reconstruite en partie à cette époque, reste un bel exemple de gothique flamboyant, dont la structure s’apparente à celle de Saint-Bertin aujourd’hui disparue ou encore d’Aire-sur-la-Lys toute proche. L’église est classée en totalité en 1913. 
 
Chapelle Saine-Isbergues d'Isbergues :
 
La chapelle néo-romane d’Isbergues existait déjà depuis longtemps, tout comme le pèlerinage à la sainte, mais c’est en 1862 que le curé Blondel la fait refaire et agrandir, selon le goût très à la mode du néo-roman. Le bestiaire médiéval comme celui que l’on retrouve à l’église de Guarbecque, est très apprécié au  XIXè siècle. La statue de la sainte,œuvre de Paul Coutigny, est érigée en 1950.Sainte Isbergue, ou Gisèle en français, était la fille de Pépin le Bref et la sœur de Charlemagne. Animée du désir de vivre pieusement, elle se confiait à saint Venant au bord d’une fontaine. Elle fut atteinte d’une lèpre sévère qui la préserva de ses prétendants et saint Venant fut décapité et son corps jeté dans la Lys. La sainte fut soignée après avoir consommé une anguille qui se trouvait sur le corps du saint. Elle se retira dans un monastère jusqu’à la fin de sa vie. Sa foi exemplaire tout au long de sa vie a profondément marqué la population locale. Derrière la chapelle se trouve la fontaine. Son eau guérirait les maladies de peau. On trouve d’ailleurs dans des registres, des déclarations de guérison de diverses maladies cutanées qui lui sont attribuées. Chaque année, une neuvaine est organisée, entre le 21 et le 29 mai.