Aire-sur-la-Lys

Aire-sur-la-Lys : Collégiale Saint-Pierre

Aire-sur-la-Lys est une ville d’histoire forte, stratégiquement située entre la Flandre et l’Artois. C’est dans ce cadre que se situe la collégiale Saint-Pierre. A l’origine, Aire est un petit village édifié par le comte Baudoin II de Flandres vers 900. Son développement économique en fait progressivement une ville importante, où en 1059, un chapitre de chanoines est instauré et une collégiale est progressivement érigée. En 1166, le comte de Flandre Thierry d’Alsace s’empare du crâne de Saint-Jacques, qui appartenait à l’abbaye Saint-Vaast d’Arras et amène la relique à Aire. Son forfait jette le discrédit sur la ville et la relique est coupée en deux, afin d’en restituer une partie à Arras et d’en conserver une à Aire-sur-la-Lys. Malheureusement, l’église, trop faible et trop vétuste, doit être détruite au XVème siècle. Tout au long du XVIème, une nouvelle collégiale est reconstruite, dans le style alors en vogue du gothique flamboyant. Mais de malheureux événements conduisent à la restaurer fréquemment ; la tour s’effondre en 1624, le siège d’Aire de 1710 détruit totalement l’église qui est reconstruite à « l’identique » dans la foulée. Quelques éléments cependant permettent de constater cette reconstruction tardive, notamment les pilastres semi-imbriquées dans la façade de la tour.  Enfin, le chevet de l’édifice est détruit par la chute d’une bombe lors du bombardement de la nuit du 4 août 1944.

 

 Aire-sur-la-Lys : Chapelle Saint-Jacques

La chapelle Saint-Jacques, édifice de très grandes dimensions -58 m. de long, 15 de large et 21 de haut sous voûte- est édifiée à partir de 1682.  Elle est le vestige de l’ancien collège des Jésuites de la ville qui officiait entre 1615 et 1762 et qui abrite actuellement l’Institution Sainte-Marie. L’édifice est représentatif de l’art baroque affectioné par l’ordre des Jésuites, initié par saint Ignace de Loyola. La façade est ample et l’intérieur de l’édifice, à l’exception de l’immense gloire qui s’y trouve et qui date de 1858, est d’une grande simplicité en comparaison avec les églises gothique de la fin du Moyen-Âge. Il était important pour les Jésuites, ainsi que pour l’ensemble des ordres religieux de l’époque, de concentrer autant que possible l’attention des fidèles sur la prière et l’office du célébrant. Le regard et l’attention ne devaient pas être attirés par des éléments de distraction, si ce n’est la majesté de l’office et du Christ. D’où le dépouillement des lieux. La clarté qui y règne symbolise la recherche frénétique de la lumière, spirituelle et divine, significative de l’époque. La chapelle est bâtie à l’aube du Siècle des Lumières et cette thématique influence également les hommes d’Eglise de l’époque.